Lorsque j’ai commencé à me former sur le sujet des violences sexuelles, ça n’était pas pour devenir thérapeute. C’était pour moi. Pour comprendre ce que j’avais vécu. Pour comprendre avec les mots de la science, de la psychologie ce qui m’était arrivé, ce que je vivais dans mon corps. Pourquoi j’étais si mal. Pourquoi je ne sentais plus des parties de mon corps.

Ces compréhensions spécifiques, dans le domaine des violences sexuelles, dont j’avais été victime, ont été une révélation. Je comprenais enfin que c’était “normal” d’être si mal. D’avoir eu envie de mourir. De sentir autant de tristesse. De me dissocier de mon corps. De ne pas réussir à m’aimer, à me sentir aimée. Bref, que c’était le chaos en moi. Tout cela était “normal”. Je vivais, comme le dit le Dr Salmona, les conséquences normales de ces violences anormales.

Les prochaines sessions de formation en ligne qui s’ouvrent les 4 octobre et 22 novembre ont pour objectif de transmettre aux futurs thérapeutes ou aux professionnels déjà établis des connaissances techniques, spécifiques sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Pourquoi ? Car ça ne s’improvise pas et que ces connaissances aident vraiment et soutiennent enfin les victimes. Cette formation est une formation dense et longue, qui dure 9 mois. Elle est complète et vous permet ensuite d’exercer en tant que thérapeute psycho-corporel.

Quand j’entends qu’un thérapeute ose dire à une personne que le frère a violé, que c’est tout à faire normal, qu’il s’agit de l’amour entre frère et soeur, sans prendre en compte la réalité juridique de ces faits de violences, ni la réalité des conséquences psychotraumatiques, j’aimerais inviter ce thérapeute à se former.

Tous les professionnels du soin et de la santé devraient posséder une base de connaissances communes sur le droit pénal. Savoir ce que sont les différents types de violences et le fait qu’ils n’ont pas le droit de se substituer à la loi, qu’ils doivent aussi la respecter et rapporter toutes les informations qui puissent empêcher de nouvelles violences d’être commises. Le sujet du signalement est un indispensable qui est aussi abordé dans mes formations.

Pour les thérapeutes qui veulent avoir une base fondamentale sur les violences sexuelles j’ai créé la formation Ecoute Active une formation sur 4 semaines, courte et concise, pour acquérir les notions importantes sur les violences sexuelles, savoir comment écouter une victime, quoi lui dire, ne pas lui dire, l’aider à renouer avec son corps. Le programme est conçu comme un indispensable à connaître pour tous les professionnels en contact avec des personnes ayant été violées ou agressées sexuellement.

La semaine 1 aborde les compréhensions fondamentales sur les violences sexuelles et le savoir être face aux violences. La semaine 2 explique quelle est la bonne posture d’écoutant ainsi que celle de l’accompagnant. La semaine 3 explique la stratégie de soutien que l’on doit mettre en place pour aider toute victime de violences sexuelles et les protections psycho-corporelle, judiciaire, sociale et médicale à mettre en oeuvre. La semaine 4 apprend ce qu’est un traumatisme de l’intime et quelles sont les principales conséquences psychotraumatiques. Grâce à cette formation, un thérapeute n’est plus démuni face à une victime.

La formation comprend aussi un modèle de dépôt de plainte au procureur de la République, une trame de signalement pour des faites commis sur des mineurs, un modèle d’ordonnance de protection, le livret juridique Faire valoir vos droits du CFCV, une fiche technique sur la CIVI Commission d’indemnisation des victimes d’infractions et la fiche des liens utiles et numéros indispensables que vous pourrez transmettre à toute victime qui vient vous rencontrer.

J’offre la formation Ecoute Active à toutes les personnes qui s’inscrivent à la formation Devenir thérapeute psycho-corporel.

Il n’y a pas un jour où depuis que j’ai été thérapeute spécialisé dans les traumatismes de l’intime où je ne constate que le fait d’avoir des connaissances juridiques, sociales, médicales, en psychotraumatologie et en psycho-corporel porte ses fruits pour les victimes.

Encore ce matin, j’étais contactée par un ancien client qui me rapportait la suite de son dépôt de plainte et tenait encore une fois à me remercier pour tout ce que j’avais fait pour lui. Il s’est libéré. C’est son miracle. Je n’ai été qu’un coup de pouce. Tous les professionnels formés pourront l’être aussi.