Lorsque j’accompagnais les victimes de violences sexuelles, quelque chose revenait souvent : le besoin de trouver de la lumière au milieu des ténèbres.

Cela peut paraître douloureux et effrayant de l’écrire ainsi et pourtant c’était bien de cela dont il s’agissait. Il fallait comme rallumer la lumière car dans nos têtes tout était noir, terrifiant, figeant.

On ne se rend pas bien compte de l’extérieur ce que ça peut représenter à l’intérieur. Imaginez des cris incessants. Imaginez une incapacité à se reposer. Imaginez des images qui défilent sans cesse. Plus horrible les unes que les autres. Imaginez la lumière impossible à rallumer. C’est de cela dont il s’agit.

Et ce corps, à moitié mort. Et ses cuisses, qu’on ne peut plus toucher. Ses odeurs qu’on sent encore alors que c’était il y a 10, 20, 30 ans. Ses cheveux qu’on abime parce qu’on n’a pas supporté qu’il les touche. Ce sexe d’homme qu’on ne peut plus voir.

Les victimes de violences sexuelles vivent toutes à un moment donné cet état : ne plus bouger, ne plus parler, ne plus rien être en mesure d’entendre, de dire, ne plus savoir où on se trouve, quelle heure il est, attendre, attendre que ça passe, que ça se termine, attendre encore et encore. Les secondes paraissent alors de longues heures. Les minutes encore plus.

Et, pourtant. Pourtant, comme dans les histoires qu’on raconte, dans tout évènement tragique, il y a un début et une fin. Mais quand il s’agit de l’inceste, c’est différent encore. Car on sait. On sait que ça va recommencer. On sait que ça risque de recommencer. On le sent, on le ressent. Et, ça revient, ça recommence. On est pris au piège. On ne peut pas partir, pas dire. On ne sait plus qui on est, comment on vit. On attend de grandir et puis peut-être parvenir à fuir.

Je me souviens de ces témoignages douloureux. Ces mots qui plient en deux une personne au moment où elle raconte. Car ça a été trop dur, trop douloureux, trop tout. Elle était si jeune. Son corps si petit. Et ces larmes. Je me souviens des larmes dans le cabinet. Des cris aussi.

Et, puis, je me souviens comment la lumière est réapparue. D’un coup. Là où on ne l’attendait pas. Parfois, en une séance, vient le moment de la libération. C’est comme un grand tout-à-coup lumineux. Un éclair. Quelque chose a changé. On a compris quelque chose. C’est comme différent. Et on le ressent. On se ressent. On le ressent dans son corps, dans ses tripes. Et on ressent enfin quelque chose. Comme une plume qui se pose. Légère mais là. Enfin. Et, même si on sait qu’on devra s’y atteler de nouveau. Que le chemin n’est pas terminé. Que la guérison demande du courage, on va s’accrocher. On va aller le cherche, le grand et puissant soulagement, encore et encore s’il le faut. Et, alors, il revient. Le soulagement. Un brin de paix. Un vent de calme. Une partition qui sonne juste. Un silence sans peur. Un souffle de vie. Je vis. Enfin.

Et, puis, il viendra encore un autre moment. Un moment ultime. Et celui-ci je vous le souhaite comme la lumière se faufile partout où elle peut. Il y a ce moment où tout ça, ce sera vraiment du passé. Tout ça, ce sera rangé quelque part dans votre mémoire. Tout ça, ce sera derrière.

Après les mots : quand vais-je revivre ? ne plus y penser ? ça va s’arrêter un jour ? Viennent les mots : je ne pensais pas que c’était possible. La thérapie a vraiment changé quelque chose. Je sais ce que j’ai à faire maintenant.

Alors, je vous le dis, je te le dis : Oui, ça va s’arrêter. Un jour tu n’y penseras même plus. Et si même ton esprit pour x ou y raison te fait penser à un viol, ça passera devant toi comme quelque chose qui sonne avec un écho très lointain que tu n’arrives même plus à entendre. C’était quoi déjà ? Tu n’auras plus besoin d’en parler. Tu n’auras plus peur, du tout, de vivre ça encore. Tu seras passé.e à autre chose. Tu seras en paix sur ce sujet là.

Ça ne veut pas dire que la vie ne t’a pas prévu une autre épreuve (clin d’oeil amical). Mais, au moins, cette expérience-là, elle, sera derrière toi, vraiment.

<3

Les thérapeutes que je forme peuvent vous apporter un vrai soulagement.

On a vraiment besoin de pouvoir faire confiance.

Si quelque part en vous, vous sentez cet appel à votre tour, cet appel pour vous former ; que vous sentez que là est votre voie, alors c’est le moment. Osez. Inscrivez-vous. C’est ici.