Formation pour accompagner les victimes de viols

En ce moment, la presse publie de plus en plus de récits de victimes de viols et c’est une bonne chose tant les stratégie des auteurs de violences sexuelles sont multiples, diverses et perverses.

Lorsqu’un agresseur choisit de passer à l’acte, il choisit sa victime. La victime, elle, ne sait pas qu’elle est sur la toile d’araignée qui est en train de se refermer. Elle peut sentir qu’il y a quelque chose de bizarre mais bien souvent, le piège se referme et la sidération arrive bientôt pour la soutenir et lui permettre de survivre dans son corps et dans toutes ses fonctions vitales à cette violence qui vient la meurtrir de l’intérieur.

Il n’est pas rare que les victimes se dissocient en se réfugiant dans le papier peint de la pièce, le tic tac d’une montre, la couleur d’un vêtement, une odeur, ou tout autre accroche avec le décor dans lequel elle traverse cette terrible épreuve. Elle peut aussi aller jusqu’à créer des trous noirs dans sa mémoire pour ne plus avoir accès au pire. Mémoire qui pourra revenir des années plus tard pour se libérer.

Les victimes de viols ont un mal fou à faire reconnaitre leur souffrance. Lorsqu’un soldat part au front et revient, tout le monde s’accorde à considérer que c’est normal qu’il ait un trouble de stress post-traumatique, des psychotraumatismes qui se développent. Pour une victime de viol, il y a le néant.

La reconnaissance de son statut de victime de crime est impalpable. Elle devra partir en reconquête d’elle-même. Pire même elle pourra aller jusqu’à tenter de nier à l’intérieur d’elle-même que tout ceci a existé afin de sauver son âme et de considérer qu’elle a encore le droit de vivre.

Face aux soignants, les victimes sont de plus en plus écoutées. Mais pas forcément soignées. La parole se libère mais les soins adaptés ne sont que trop peu proposés.

Alors, les victimes de viols testent tout : EMDR, hypnose, thérapie familiale, systémique, psychanalyse, analyse corporelle, magnétisme, énergétique.

Elles testent tout et tentent de se sauver tant bien que mal jusqu’à ce qu’elles trouvent une prise en charge globale, qui prennent vraiment en compte toute la réalité de leur vécu et aussi la dimension judiciaire.

Lorsque je forme les thérapeutes psycho-corporels à la Méthode que j’ai créée pour accompagner les victimes, la Méthode Coeur Pivoine Corps Précieux, je leur apprends à accompagner une victime dans ses démarches judiciaires. Car si la guérison ne passe pas par la condamnation de l’auteur des faits, aller déposer sa plainte permet cependant de se délester d’une part de ce vécu et des violences qui ne nous appartiennent pas. Alors, j’apprends à mes stagiaires à aider une victime à écrire sa plainte au procureur de la République, à se préparer à l’audition des gendarmes, à s’assoir dans son corps avant une confrontation, à affronter l’auteur devant une cour d’assises.

Nous avons un grand besoin que l’ensemble des soignants soit formé à toutes les dimensions qu’implique la prise en charge d’une victime de viol, pas uniquement de traiter de quelques symptômes comme le retour du sommeil ou de la joie.

Il est temps de prendre conscience que les victimes de violences sexuelles ont le droit d’avoir des soins adaptés qui prennent en compte toute la réalité des traumatismes qu’elles ont subi, le système juridico-éducatif dans lequel elles baignent. Qu’on les considère dans leur parole. Qu’on ose écouter attentivement, questionner et demander. Qu’on les aide à renouer avec leur corps, à sentir qu’elles sont vivantes à l’intérieur.

Lorsque j’ai créé la formation Accompagner les blessures de l’intime, Devenir thérapeute psycho-corporelle spécialisée dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles et autres psycho-traumatismes, ma volonté était avant tout de former des professionnels à la prise en charge des victimes d’inceste. Je voulais qu’ils fassent ce dont moi j’aurais eu besoin. Et non pas sur des années de prise en charge mais à court terme.

Lorsque j’accompagne des victimes de viol, je prends en compte toutes les dimensions des violences sexuelles qu’elles ont subi. J’analyse la stratégie de l’agresseur, qu’a-t-il dit ? fait ? quels sont les symptomes de la victime ? Est-elle encore en danger ? je l’aide à renouer avec les institutions qui seront les plus soutenantes pour elle. Nous rédigeons sa plainte. Nous faisons ensemble les exercices de reconnexion au corps, au coeur et à la puissance d’être. On analyse son schéma familiale. Ses anciennes blessures. On travaille son rapport à sa sexualité. On remet des mots sur ses grossesses, ses accouchements, le décès d’un proche. On identifie ses ressources physiologiques, physiques, psychiques, corporelles, émotionnelles, économique. Je la solidarise avec d’autres professionnels avec qui je travaille. Elle n’est plus seule. Elle avance. Elle revit, commence à re-respirer.

La Méthode Coeur Pivoine – Corps Précieux que j’ai créée et que je transmets aux thérapeutes qui veulent se former a pour but d’aider dans sa globalité les victimes de violences sexuelles et pas seulement sur un pan de leur réalité. Nous travaillons la reconnexion au corps, l’estime de soi, la confiance en soi, la puissance d’être et le sens de cette expérience terrible que la personne a vécu, et cela dans le respect de la loi, notamment de la loi pénale française.

Il est temps qu’un plus grand nombre de thérapeutes soient formés, des thérapeutes qui osent demander : « quand vous me dites « il a voulu que je le touche avec ma bouche », est ce que vous avez un goût qui revient dans votre bouche quand vous me le dites ? car ça s’appelle une reviviscence gustative. On va travailler dessus pour ne plus que ça vous gène. C’est normal d’avoir ce symptome là même si c’était il y a dix ans. Est-ce que vous avez des odeurs aussi qui vous reviennent ? et que vous ne contrôlez pas ? On va travailler dessus aussi.

Pour plus d’informations, RDV sur la page FORMATION du site.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Thème : Overlay par Kaira. Cabinet de Thérapie psycho-corporelle - Jennie Desrutins - Siret 517.714.119.00057
1 rue du Muguet, 56850 CAUDAN