Déposer sa souffrance

Les blessures de l’intime génèrent en nous un grand nombre de souffrances. Celles du corps qui se souvient de ce qu’il a traversé, de comment il a été touché, malmené. Celles des sens qui ont été sollicités avec vigueur, parfois plus que d’autres. Celles du coeur qui s’est mis de côté, peut être résigné pour traverser. Celles de l’âme, inatteignable, qui s’est réfugiée hors du corps ou qui s’est sentie éclater en mille morceaux à recoller.

Les blessures de l’intime lorsqu’elles sont le fait de gestes intentionnels génèrent en nous un grand nombre de souffrances à déposer.

Déposer ses souffrances, c’est comme sortir, un peu, enfin, la tête de l’eau pour respirer. Se sentir moins lourd à l’intérieur. Se délester de l’enclume qui engourdit l’esprit, empêche d’avancer.

Déposer ses souffrances, c’est rendre ce qui ne nous appartient pas. Remettre à l’endroit la vérité vécue par le corps. Décharger au bon endroit ce qui a été subi.

Déposer ses souffrances est un processus d’affirmation de soi, de reconnaissance de soi-même en tant qu’être vivant, vibrant. C’est s’autoriser à exister pleinement et en toutes ses parties. C’est prendre sa bonne place dans son vécu traumatique et accueillir en son coeur son histoire douloureuse.

Il existe une place, un endroit où est le lieu pour déposer ses souffrances, ses plaintes. Il existe des femmes, des hommes dont le métier choisi est de recueillir nos plaintes.

Ces endroits sont souvent chargés énergétiquement des plaintes des autres personnes, car nous ne sommes pas seuls à avoir traversé des blessures de l’intime. 1 femmes sur 4. 1 homme sur 6. 1 enfant sur 5.

Ces lieux sont souvent peu considérés alors qu’ils sont les bons pour y déposer les complaintes, les vécus traumatiques, les douleurs de l’âme.

Ecrire une lettre au procureur de la République en expliquant son vécu traumatique, c’est déposer ses souffrances à leur juste place, là où elles pourront entrer en résonance, être accueillies, transformées, être prises en charge. Les commissariats et gendarmeries sont les bons lieux d’écoute attentive des violences subies.

La démarche de déposer ses souffrances est une étape de réconciliation à soi avant tout. Une étape dans la matière pour se dire que notre vie a de l’importance et que notre corps est protégé.

C’est s’autoriser à ressentir en soi un nouvel équilibre, une nouvelle harmonie. Et, cela, peu importe les suites judiciaires, qui ne nous appartiennent pas.

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